By Amaury Perdriau | L’Équipe, 2026-05-17 07:00:00
维克托·文班亚马 (Victor Wembanyama) 时代的圣安东尼奥马刺队迎来了首次季后赛征程,便成功闯入分区决赛:这支由法国天才领衔的球队击溃了明尼苏达森林狼队(大比分 4 比 2),将于明天起与俄克拉荷马城雷霆队展开对决。这场对决将验证这支球队的飞速崛起,在唤起人们记忆的同时,也引发了无尽的展望。
在现代篮球中,这是一个极其罕见的举动:在西部半决赛第六场还剩 8 分 01 秒时,圣安东尼奥马刺队以 139-109 遥遥领先,安东尼·爱德华兹 (Anthony Edwards) 从替补席站起,穿过标靶中心球馆的地板。这位被淘汰(大比分 2 比 4)的明尼苏达森林狼队超级后卫,逐一向他的苦主致意。
“当你意识到自己不会再回到场上时,你只想向他们表达应有的尊重,”爱德华兹表示。这就是文班亚马治下的马刺效应:自 2019 年以来首次重返季后赛,这支德州球队已经赢得了广泛赞誉。
经过两轮系列赛(包括首轮 4 比 1 淘汰波特兰开拓者队),圣安东尼奥经历了两场“时空之旅”。首先是回归过去。2020 年至 2025 年间长达六个赛季的荒芜岁月(无缘季后赛)已被抹去,取而代之的是人们对这支“银黑军团”自 2000 年代以来建立的赢球文化和团队篮球的记忆。在对阵森林狼的比赛中,他们展现出了极具侵略性的高强度表现,重现了昔日荣光。
“必须记住,这支球队的首发阵容中只有一名球员在今年之前有过季后赛经验:达龙·福克斯 (De’Aaron Fox)(2023 年代表萨克拉门托国王队出战 7 场),”beIN Sports 顾问雅克·蒙克拉尔 (Jacques Monclar) 指出,“即将到来的分区决赛与上一次相比,两支球队毫无共同之处:篮球风格已经改变,2017 年的那支马刺队当时已处于巅峰末期。”
谈及相似之处,这位曾执教过昂蒂布、波城、利摩日、巴黎和第戎等法国职业 A 组联赛球队的前教练特别指出了马刺队的“运营之道,这让球队能够为每位球员找到合适的定位,并确保他们发挥出最佳水平”。他补充道:“斯蒂芬·卡斯尔 (Stephon Castle) 和迪伦·哈珀 (Dylan Harper) 是令人惊艳的年轻人。例如,在哈珀身上可以看到马努·吉诺比利 (Manu Ginobili) 的影子。圣安东尼奥通过大卫·罗宾逊 (David Robinson) 和蒂姆·邓肯 (Tim Duncan) 等状元签建立了五冠王朝(1999、2003、2005、2007 和 2014 年)。这一次是文班,尽管他是一个更加绝无仅有的球员。马刺懂得如何接纳他,而不是去束缚他,而是让他全面发展。这是一个展现出极高智慧的组织。”
至于怀旧的一面,只需扫一眼看台,就能看到吉诺比利、邓肯、罗宾逊、肖恩·埃利奥特 (Sean Elliott) 以及众多名宿,他们守护在球队和格雷格·波波维奇 (Gregg Popovich) 身边。蒙克拉尔补充道,波波维奇是“传统的捍卫者,是指引方向的精神领袖”。
“我们正在积累越来越多的经验。我们正处于最佳状态,从未松懈,并且对我们的打法充满信心。”
维克托·文班亚马
这种准则正推动着球队迈向未来。备受期待的西部决赛对阵俄克拉荷马城雷霆队即将拉开序幕。首场对决将于周一至周二深夜(法国时间凌晨 2:30)开打。一个核心问题是:文班亚马和马刺队能否克服季后赛经验匮乏的弱点,去冷落一支他们在常规赛中占据心理优势(4 胜 1 负)的球队?
“尽管时间紧迫,但我们正在积累越来越多的经验,”这位法国天才在周五晚上评价道,“我们正处于最佳状态,从未松懈,并且对我们的打法充满信心。”仅处于职业生涯第二个 NBA 赛季的控卫斯蒂芬·卡斯尔在周五晚上砍下 32 分,便是众多例证之一。
“我倾向于认为雷霆队和马刺队互为镜像,”蒙克拉尔主张,“雷霆队由前马刺成员(从视频协调员升至副总经理)萨姆·普雷斯蒂 (Sam Presti) 打造,他们的阵容构建方式使得角色球员也能决定比赛:雷霆一方有阿杰·米切尔 (Ajay Mitchell)、赛亚·乔 (Isaiah Joe) 或亚历克斯·卡鲁索 (Alex Caruso),马刺一方则有德文·瓦塞尔 (Devin Vassell)、凯尔登·约翰逊 (Keldon Johnson) 或迪伦·哈珀。可以预见,这两支球队在未来几年可能都会保持在这个竞争水平。”
篮球界对谢伊·吉尔杰斯-亚历山大 (Shai Gilgeous-Alexander) 与文班亚马之间的对决寄予厚望,两人在周日至周一深夜的常规赛 MVP 争夺战中也将分出胜负。俄克拉荷马城一路一帆风顺的季后赛历程(8 战全胜)是否会导致他们像“柴油机”一样启动慢热?“如果圣安东尼奥淘汰的是一支强大的丹佛掘金队而不是这支森林狼队,我们会得到更多信息,”蒙克拉尔认为,“但我们已经看到马刺队有能力做出正确的调整。我无法预测这轮系列赛。马刺队能走多远?我没有答案。像文班这样的家伙极限在哪里?我们也不知道。虽然不是热门,但圣安东尼奥有机会。前两场比赛将给出明确的信号。有一点是肯定的:这轮系列赛将令人期待且精彩纷呈。”
在淘汰森林狼后,文班亚马保持着清醒,他预见到球队将面临更巨大的障碍。“季后赛的本质就是面对越来越强大的对手,”他说道,“第一轮和第二轮之间有一个跨度,这次的跨度可能会更大。”对于这位习惯了连跨数级的早慧典范来说,这真的会是问题吗?
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« C’est la nature des play-offs d’affronter des adversaires toujours plus forts » : cette première finale de Conférence des Spurs de Wembanyama confirme les progrès constants d’une équipe en devenir
Première campagne de play-offs, première finale de conférence pour les San Antonio Spurs de l’ère Victor Wembanyama : le Français et son équipe ont dynamité Minnesota (4 victoires à 2) pour retrouver Oklahoma City à partir de demain. Un duel qui doit valider l’ascension express d’un groupe qui ravive les souvenirs autant qu’il suscite les projections.
Geste rarissime dans le basket moderne : alors qu’il restait encore 8’01’’ à jouer au cours du match 6 de la demi-finale de Conférence Ouest, écrasé par San Antonio (139-109), Anthony Edwards s’est levé de son banc et a traversé le parquet du Target Center. L’arrière superstar des Minnesota Timberwolves, éliminés (4 victoires à 2), a alors salué ses bourreaux. Un à un.
« Quand tu sais que tu ne vas pas revenir sur le terrain, tu veux juste leur montrer tout le respect qu’ils méritent », exposait « ANT ». C’est donc ça l’effet Spurs de Victor Wembanyama : de retour en play-offs pour la première fois depuis 2019, la franchise texane suscite déjà l’admiration.
En deux séries de phase finale (avec le 4-1 du premier tour contre Portland), San Antonio s’est offert deux voyages dans le temps. En premier lieu, un retour vers le passé. Six saisons de vaches maigres (pas de play-offs entre 2020 et 2025) effacés par le rappel que la franchise des éperons s’arc-boute depuis les années 2000 sur une culture de la gagne et du jeu collectif rarement égalés. Un souvenir ravivé contre les Wolves en produisant un jeu aussi intense que conquérant.
« Il faut quand même rappeler que cette équipe ne présente dans son cinq de départ qu’un joueur qui avait connu une campagne de play-offs avant cette année : De’Aaron Fox (7 matches avec Sacramento en 2023), note Jacques Monclar, consultant pour beIN Sports. Entre la finale de conférence qui se profile et la précédente, les deux équipes n’avaient rien de commun : le basket était différent et les Spurs de 2017 étaient en fin de parcours. »
Wembanyama : « Disputer les finales de Conférence, c’est exceptionnel »
Au rayon similitudes, l’ancien entraîneur de Pro A (Antibes, Pau, Limoges, Paris et Dijon) pointe notamment ce « savoir-faire qui permet à la franchise de trouver des rôles à chacun de ses joueurs et à faire en sorte qu’il puisse donner le meilleur ». Et d’ajouter : « Stephon Castle et Dylan Harper sont des jeunes bluffants. On peut voir en Harper du Manu Ginobili, par exemple. San Antonio a construit ses cinq titres (1999, 2003, 2005, 2007 et 2014) sur des premiers choix de draft tels David Robinson et Tim Duncan. Ce coup-ci c’est Victor, même s’il est un joueur encore plus à part. Ils ont su l’accueillir sans le formater, en le développant. C’est une franchise qui fait preuve d’une grande intelligence. »
Pour le côté nostalgie, un coup d’oeil en tribunes suffit afin d’apercevoir Ginobili, Duncan, Robinson, Sean Elliott et tant d’anciens, présents au chevet de l’équipe comme celui de Gregg Popovich, « gardien du temple, marabout qui donne la trame à suivre », ajoute Monclar.
« On gagne de plus en plus en expérience. On se met dans les meilleures conditions, on ne se relâche jamais et nous avons confiance dans notre jeu »
Victor Wembanyama
Cette trame pousse désormais au saut dans le futur. Vers cette finale de Conférence Ouest tant attendue face l’Oklahoma City Thunder. Premier opus dans la nuit de lundi à mardi (2 h 30, heure française). Et une question centrale : Wembanyama et les Spurs sont-ils en mesure d’effacer leur déficit de vécu en play-offs pour surprendre une équipe sur laquelle ils ont pris l’avantage psychologique saison régulière (4 victoires pour 1 défaite) ?
« On gagne de plus en plus en expérience, malgré le temps manquant, jugeait le prodige tricolore vendredi soir. On se met dans les meilleures conditions, on ne se relâche jamais et nous avons confiance dans notre jeu. » L’avènement du meneur Stephon Castle - qui ne dispute que sa deuxième saison en NBA -, 32 points vendredi soir, en est un des multiples exemples.
« J’ai tendance à penser qu’il y a un effet de miroir entre le Thunder et les Spurs, plaide Monclar. OKC a été construit par Sam Presti, ancien des Spurs (de coordinateur vidéo à manager général adjoint), et leurs effectifs sont bâtis de manière que la décision puisse venir de joueurs de complément : Ajay Mitchell, Isaiah Joe ou Alex Caruso d’un côté, Devin Vassell, Keldon Johnson ou Dylan Harper de l’autre. Et on peut penser que ces deux équipes pourraient se retrouver à ce niveau de compétition pour quelques années encore. »
La planète basket attend beaucoup du duel entre Shai Gilgeous-Alexander et Wembanyama, départagés dans la nuit de dimanche à lundi dans la course au trophée de MVP de la saison régulière. Les play-offs sans heurts d’Oklahoma City (8 victoires en 8 matches) peuvent-ils occasionner une reprise façon diesel ? « On aurait obtenu plus d’informations si San Antonio avait sorti un bon Denver plutôt que ce Minnesota, estime Monclar. Mais on a vu les Spurs capables de sortir les bons ajustements. Je suis incapable de prédire cette série. Jusqu’où les Spurs peuvent-ils aller ? Je n’ai pas la réponse. Où est la limite d’un gars comme Victor ? On ne sait pas. Sans être favori, San Antonio a une chance. Les deux premières manches donneront une indication claire. Une chose est certaine : la série sera alléchante et passionnante. »
Lucide au sortir de la qualification contre Minnesota, Wembanyama anticipait que son équipe allait se heurter à un obstacle bien plus imposant. « C’est la nature des play-offs d’affronter des adversaires toujours plus forts, posait-il. Il y a eu une marche entre le premier et le deuxième tour, elle sera probablement encore plus grande cette fois-ci. » Est-ce réellement un problème pour ce modèle de précocité, habitué à les gravir quatre à quatre ?
By Amaury Perdriau, via L’Équipe