By Maxime Aubin à San Antonio (USA) | L’Équipe, 2026-01-29 09:30:00

马刺队的法国球星维克托·文班亚马。 (Daniel Dunn/Imagn images via Reuters connect)
作为少数公开谴责明尼阿波利斯局势的NBA球星之一,维克托·文班亚马 (Victor Wembanyama) 周二的言论保持了克制。他清楚地意识到,在一个言论自由日益受到压制的国家,像他这样的外籍运动员所面临的风险。
自周二以来,他的回答迅速传遍全球,在网络上被广泛分享和评论,仿佛出自一位重要政治人物之口。然而,这番话实际上来自年仅22岁的马刺队法国新星文班亚马。在圣安东尼奥的训练结束后,当被问及明尼阿波利斯一触即发的局势时,他直言不讳:“我每天醒来都会看新闻,然后感到不寒而栗。我觉得有些人能够给人一种印象,或者暗示杀害平民是可以接受的,这简直是疯了。”
他所指的是过去15天内两名美国公民被杀害的事件,他们都是在明尼苏达州街头遭遇移民执法人员的行动时被枪杀的。这是特朗普政府为抓捕无证移民而发起的一场残酷且如今已演变为血腥的行动。
ICE杀人事件:与普遍沉默的NBA形成反差,维克托·文班亚马挺身而出
联盟中美国本土球星的沉默
周二,在文班亚马发声之前,马刺队的公关部门曾试图劝阻他。然而,他的表态在美国受到了广泛赞誉,首先是在NBA球迷群体中——这个联盟历来以积极参与和进步著称——其次也得到了众多美国媒体的肯定,从CNN到ESPN,再到《今日美国》和《纽约时报》,都强调了一位“非美国球员”在如此敏感问题上所展现的“勇气”。由此可以预见,这位天才球员的“市场”价值并不会因为这次表态而受损。
与球员团队取得联系后,对方则希望淡化这一声明的影响,并提醒说文班亚马只是“回答了一个关于美国时事的问题”。的确,对杀害平民的行为表示愤慨本应是理所当然之事,而不应被视为一种前卫或政治性的立场。
归根结底,这位法国内线的表态之所以能引起如此大的反响,是因为他是极少数这样做的NBA球星之一。勒布朗·詹姆斯 (LeBron James) 沉默不语,凯文·杜兰特 (Kevin Durant) 同样未置一词,只有斯蒂芬·库里 (Stephen Curry) 发表了一份谨慎的声明,仅仅称赞了“和平示威的规模以及在明尼阿波利斯发出的统一声音”。
“从亚布塞莱到文班亚马,需要两位法国球员才真正有人站出来说话,”一位美国同行在“文班”的发布会结束后精准地总结道。早在周一,尼克斯队的大前锋盖尔雄·亚布塞莱 (Guerschon Yabusele) 就在X平台上对明尼阿波利斯的悲剧做出了回应:“我们谈论的是谋杀,这是非常严重的事情。情况必须改变,政府必须停止这样的行为。” 紧接着第二天,文班亚马也发出了自己的声音,他们二人都宁愿选择发声的风险,也不愿享受沉默的安逸。
我无法停止思考在明尼苏达州发生的悲剧事件,尽管我是法国人,但我无法保持沉默。正在发生的事情超乎想象。我们谈论的是谋杀,这是非常严重的事情。情况必须改变,政府必须停止……
— Guerschon Yabusele (@ yabusele28) January 26, 2026
受第一修正案保护的观点(理论上)
“文班”的言论虽然勇敢但保持了克制,他成为了NBA中为数不多如此公开谴责当权者的球星之一。他表示,自己本想说得更多,但解释了为何没有这样做,因为他担心自己作为居住在美国的外国人身份。“我意识到,如果今天把我心里想的全部说出来,对我来说代价太高了。所以我宁愿不谈太多细节。”这位法国国手这样表态真的承担了风险吗?大西洋彼岸又是如何看待他的这次发声呢?
要回答第一个问题,我们必须追溯到18世纪和1791年通过的《权利法案》(Bill of Rights),即美国宪法的前十条修正案。其中,第一修正案保障了言论自由:“国会不得制定任何法律……以限制言论或新闻自由,或限制人民和平集会与向政府请愿以求纠正冤屈的权利。”
具体而言,任何在美国国土上的人,无论是否为公民,都有自由发表意见或批评当权者,前提是不构成直接威胁,也不煽动暴力或骚乱。然而,如何解读这一根本性法案仍有待商榷,自2024年再次当选以来,唐纳德·特朗普 (Donald Trump) 已通过频繁攻击其政治对手和普通批评者,对该法案构成了巨大考验。
在不直接攻击言论自由的情况下,我们已经看到这位共和党总统动用其他手段:公开发起抹黑运动、提出与公共秩序或国家安全相关的指控,甚至拒绝或不续签外国人的签证。
尽管如此,文班亚马作为为联盟及其合作伙伴创造数百万美元收入的NBA全球巨星,理论上似乎是安全的。除非出现极端情况,即特朗普决定将他作为政治靶子,但考虑到这位前房地产大亨目前正试图缓和明尼阿波利斯的紧张局势,这种情况似乎更不可能发生。
尽管特朗普行事乖张,大部分美国民众仍继续支持他,这反映出美国社会前所未有的撕裂。在这样的背景下,马刺队——这支在他们的前任主教练格雷格·波波维奇 (Gregg Popovich) 的推动下曾倾向于在政治问题上表明立场的球队——如今也表现得谨慎得多。
由生成式 AI 翻译,译文内容可能不准确或不完整,以原文为准。
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Victor Wembanyama a-t-il pris un risque en s’exprimant sur la situation à Minneapolis ?

Victor Wembanyama, la star française des Spurs. (Daniel Dunn/Imagn images via Reuters connect)
Rare star de la NBA à avoir dénoncé ouvertement la situation à Minneapolis, Victor Wembanyama est resté mesuré dans ses propos mardi, conscient des risques qui pèsent sur un athlète étranger comme lui, dans un pays qui malmène de plus en plus la liberté d’expression.
Sa réponse fait le tour du monde depuis mardi, partagée et commentée sur la toile comme si elle émanait d’un responsable politique de premier plan. Il s’agissait pourtant de celle de Victor Wembanyama, jeune star française des Spurs (22 ans), qui, interrogé sur la situation explosive à Minneapolis, n’a pas mâché ses mots à la sortie d’entraînement à San Antonio : « Tous les jours, je me réveille, je regarde l’actualité, et je suis horrifié. Je trouve ça fou que certaines personnes puissent donner l’impression, ou laisser entendre, que le meurtre de civils puisse être acceptable. »
Il faisait référence aux meurtres de deux citoyens américains ces 15 derniers jours, tous les deux abattus lors d’interventions des agents de l’immigration dans les rues de la ville du Minnesota. Une opération brutale et désormais sanglante lancée par l’administration Trump pour mettre la main sur les sans-papiers.
Meurtres de l’ICE : à rebours d’une NBA très discrète, Victor Wembanyama prend la parole
Le silence des stars américaines de la ligue
Mardi, avant la prise de parole de Wembanyama, le service communication des Spurs a tenté de le dissuader de s’exprimer. Pourtant, son intervention a été largement saluée aux États-Unis, d’abord chez les fans NBA, ligue historiquement engagée et progressiste, mais aussi dans de nombreux médias américains, de CNN à ESPN, en passant par USA Today et le New York Times, qui ont tous souligné le « courage » d’un « joueur non américain » sur un sujet aussi sensible. De quoi imaginer que la valeur « marketing » du phénomène ne sera pas altérée par cette prise de parole.
Contacté, l’entourage du joueur a quant à lui tenu à dédramatiser la déclaration, rappelant que Wembanyama n’avait fait que « répondre à une question qui lui était posée sur l’actualité américaine ». S’indigner face aux meurtres de civils devrait effectivement relever de l’évidence, et non être perçu comme une prise de position avant-gardiste ou politique.
Tension maximale à Minneapolis, la NBA entre colère et retenue
Finalement, si cette prise de parole de l’intérieur français a autant marqué, c’est parce qu’il a été l’une des très rares stars NBA à le faire. Aucun mot de LeBron James, pas davantage de Kevin Durant, et seulement une déclaration frileuse de Stephen Curry, qui s’est contenté de saluer « l’ampleur des manifestations pacifiques et cette voix unifiée à Minneapolis ».
« Entre Yabusele et Wembanyama, il aura fallu deux joueurs français pour prendre vraiment la parole », résumait très justement un confrère américain à la fin de la conférence de « Wemby ». Dès lundi, Guerschon Yabusele, ailier-fort des Knicks, avait réagi à la tragédie de Minneapolis dans un message publié sur X : « On parle de meurtres, ce sont des choses graves. La situation doit changer, le gouvernement doit cesser d’agir ainsi ». Suivi donc par Wembanyama le lendemain, tous les deux préférant le risque de la prise de parole au confort du silence.
I can’t stop thinking about the tragic events unfolding in Minnesota, and even though I’m French, I can’t remain silent. What’s happening is beyond comprehension. We’re talking about murders here, these are serious matters. The situation must change, the government must stop…
— Guerschon Yabusele (@ yabusele28) January 26, 2026
Une opinion protégée (en théorie) par le Premier amendement
Courageux mais mesuré dans ses propos, « Wemby » a été l’une des seules stars de la NBA à dénoncer aussi ouvertement le pouvoir en place. S’il aurait aimé en dire plus, il a expliqué pourquoi il ne le ferait pas, inquiet alors qu’il reste un étranger vivant aux États-Unis. « Je suis conscient que dire tout ce que j’ai en tête aurait un coût trop élevé pour moi aujourd’hui. Donc je préfère ne pas entrer dans trop de détails. » L’international français a-t-il pris un vrai risque en s’exprimant de la sorte, et comment cette sortie a-t-elle été perçue outre-Atlantique ?
Pour répondre à la première question, il faut remonter au XVIIIe siècle et à l’adoption du Bill of Rights en 1791, l’ensemble des dix premiers amendements de la Constitution américaine, dont le premier garantit la liberté d’expression : « Le Congrès ne fera aucune loi […] restreignant la liberté d’expression ou de la presse, ni le droit du peuple de se réunir pacifiquement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation de ses griefs ».
Concrètement, toute personne présente sur le sol américain, citoyenne ou non, est libre de donner son opinion ou de critiquer le pouvoir en place. À condition de ne pas constituer une menace directe, ni d’inciter à la violence ou à l’émeute. Reste toutefois à s’accorder sur l’interprétation de ce texte fondateur, que Donald Trump a largement mis à l’épreuve depuis sa réélection en 2024, en s’en prenant régulièrement à ses adversaires politiques et simples détracteurs.
Sans attaquer frontalement la liberté d’expression, on a déjà vu le président républicain activer d’autres leviers : campagnes de dénigrement publiques, accusations liées à l’ordre public ou à la sécurité nationale, ou encore refus ou non-renouvellement de visas pour les étrangers.
Malgré ce contexte, Wembanyama, star mondiale de la NBA générant des millions de dollars à la Ligue et ses partenaires, semble a priori en sécurité. À moins d’un scénario extrême où Trump déciderait d’en faire une cible politique, ce qui semble d’autant moins crédible que l’ancien magnat de l’immobilier cherche aujourd’hui à apaiser les tensions à Minneapolis.
Malgré la déraison de Trump, une large partie de la population américaine continue de le soutenir, dans une société US plus fracturée que jamais. Dans ce contexte, les Spurs, jusqu’ici enclins à prendre position sur les sujets politiques, surtout sous l’impulsion de leur ancien entraîneur Gregg Popovich, se montrent aujourd’hui bien plus prudents.
By Maxime Aubin à San Antonio (USA), via L’Équipe