文班亚马 谈体育博彩:“我觉得有些球员为博彩做推广,这很令人难过”
By Maxime Aubin à San Antonio (États-Unis) / L’Équipe, 2026-10-01 21:13:26
周四上午在圣安东尼奥,马刺队训练结束后,维克托·文班亚马 (Victor Wembanyama) 接受采访,话题很快转向了社会议题。这位法国内线明确表示,绝不会与体育博彩公司合作,同时表示愿意自豪地在美国代表法国,但对于那些希望他在明年春天法国总统大选临近之际表明立场的人,他也泼了冷水。
“今年夏天,多名马刺队友来到巴黎看望你。你说这让你很感动。为什么?
因为他们愿意踏上这段旅程,而且他们也很想看看我想给他们展示什么。比如,我记得卡特·布莱恩特 (Carter Bryant) 之前应该还没出过美国。我觉得他的第一次体验相当不错。这很重要,因为这些人对我很重要,这个地方对我也很重要。两者结合在一起,就像家人来圣安东尼奥看我一样。
你刚刚开始了在马刺的第四个训练营。感觉和之前有什么不同吗?
是的,感觉我们现在彼此了解得深多了。就好像我们清楚什么行得通、什么行不通。我们已经没有以前那么多时间去尝试和犯错,去尝试那些不可行的东西了。我们摒弃错误的速度更快了,也更彻底了。我想,这大概就叫经验吧。
2023年你刚加盟马刺时,米奇·约翰逊 (Mitch Johnson) 还是一名助理教练,赛前在场上带你热身。你对那段时期有什么记忆?在他逐步确立自己主教练身份的过程中,你如何看待自己领袖角色的演变?
我对那段时期有美好的回忆。确实有时会怀念。当然,我现在每天都还能见到他,但他不再和我们一起在“战壕”里摸爬滚打了。那是一段美好的时光。他的成长速度非常快。起初也是出乎意料的,或者说部分出乎意料,但他适应得非常好。尽管那些时光对我很珍贵,但无论如何我都不会拿现在的一切去交换。
“年轻和黑人身份并不是每天都困扰我的事情”
你有没有可能有一天为一家体育博彩公司做广告?
绝对不会。我永远不会那样做。说实话,我觉得有些球员为博彩做推广,这很令人难过。每个人都可以做自己想做的事,但别拉上我。
你如何选择合作的企业和品牌?
过去,金钱是一个考量因素。但现在不是了。即便我这么说,实际上我拒绝过的钱远远、远远超过我赚到的钱,因为那些东西不符合我的价值观。现在,我想推广那些能带来积极影响、能对世界产生良好影响的事物。显然,我们能赚数百万数百万美元,但这并不是最重要的。我们最大的力量是激励人心。激励可以是好的,也可以是坏的。我想以好的方式去激励。这是我能做的最有力量的事情。
季前赛之前,维克托·文班亚马深知其中利害,对自己的政治言论进行把控和拿捏
你正在成为美国最具影响力的法国明星之一,同时也是美国篮球在法国的形象代言人。你是否觉得自己在某种程度上是法国在美国的大使,反之亦然?
有一点吧,虽然不一定说得那么明确。当然,我希望自豪地代表我的家乡,把我的国家美好的一面展现出来。
尤其是在两国友谊正受到考验的时期?
我完全不认为自己有那样的影响力。这对我重要吗?某种意义上说,是的,但我还没到那个把自己当成什么大人物的职业生涯阶段。我还有太多其他事情要考虑。我首先需要作为一名球员成长和站稳脚跟。所以这不是我最关心的事。
你年轻、是黑人,手中握有巨大的软实力。你如何看待明年春天这场非常重要的法国总统大选?
就像你的问题一样:我觉得这给我带来了太多需要处理和理解的东西。年轻和黑人身份并不是每天都困扰我的事情。它有影响,但不在我所处的特权社交圈之内。至于未来我是否会在这些方面发挥作用?会的,我确信。但正如我刚才所说,今天的我首先要作为一个人去成长,我也觉得自己很幸运,没有被这些责任压得太重。”
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Victor Wembanyama sur les paris sportifs : « Je trouve ça très triste de voir certains joueurs en faire la promotion »
Interrogé jeudi matin à San Antonio, en marge de l’entraînement des Spurs, Victor Wembanyama a rapidement vu la conversation tournée vers des sujets sociétaux. L’intérieur français a notamment fermement exclu de s’associer un jour à une société de paris sportifs, se disant également prêt à représenter fièrement la France aux États-Unis, mais a tempéré les ardeurs de ceux qui aimeraient le voir prendre position à l’approche de la présidentielle française au printemps prochain.
« Cet été, plusieurs coéquipiers des Spurs sont venus vous rendre visite à Paris. Vous avez dit avoir trouvé ça touchant, émouvant. Pourquoi ?
Parce qu’ils ont été prêts à faire ce voyage, et qu’ils étaient aussi curieux de voir ce que je voulais leur montrer. Par exemple, je ne crois pas que Carter (Bryant) soit déjà sorti des États-Unis avant. Et je pense qu’il a eu une assez bonne première expérience. Donc ça compte, parce que ces personnes comptent pour moi, et cet endroit compte pour moi. Avoir les deux réunis, c’est un peu comme quand la famille vient me voir ici, à San Antonio.
Vous venez de débuter votre quatrième camp d’entraînement avec les Spurs. Vous paraît-il un peu différent des précédents ?
Oui, on a l’impression de se connaître tellement mieux maintenant. C’est comme si on savait ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et on n’a plus autant de temps qu’avant pour essayer et rater des choses, pour tenter des choses qui ne seront pas viables. Les erreurs, on s’en débarrasse beaucoup plus, et beaucoup plus vite aussi. Je suppose qu’on pourrait simplement appeler ça l’expérience.
À votre arrivée chez les Spurs en 2023, Mitch Johnson était encore un assistant qui vous échauffait sur le terrain avant les matches. Quels souvenirs gardez-vous de cette période, et comment avez-vous vu évoluer votre rôle de leader pendant qu’il trouvait sa propre place de coach ?
J’ai de bons souvenirs de cette période. C’est vrai que ça me manque parfois. Bien sûr, je le vois encore tous les jours, mais il n’est plus autant dans les tranchées avec nous. C’étaient de bons moments. Je pense que ça a été une progression tellement rapide pour lui. Inattendue aussi au début, ou en partie inattendue, mais il s’est tellement bien adapté. Même si ces moments me sont chers, je ne changerai pour rien au monde ce qu’on a aujourd’hui.
« Être jeune et noir n’est pas quelque chose qui me touche tous les jours »
Pourriez-vous envisager un jour de faire une publicité pour une société de paris sportifs ?
Absolument pas. Je ne ferais jamais ça. Honnêtement, je trouve ça très triste de voir certains joueurs en faire la promotion. Chacun fait ce qu’il veut, mais sans moi.
Comment choisissez-vous les entreprises et les marques avec lesquelles vous associez ?
Par le passé, il y avait une dimension financière. Mais plus maintenant. Et même si je dis ça, j’ai refusé beaucoup, beaucoup plus d’argent que ce que j’ai gagné, pour des choses qui ne correspondaient pas à mes valeurs. Maintenant, je veux promouvoir des choses qui ont un impact positif, une bonne influence sur le monde. Évidemment, on gagne des millions et des millions, mais ce n’est pas le plus important. Notre plus grande force, c’est d’inspirer. Et on peut inspirer en bien ou en mal. Je veux inspirer en bien. C’est la chose la plus forte que je puisse faire.
Vous êtes en train de devenir l’une des plus grandes stars françaises aux États-Unis, et également le visage du basket américain dans l’Hexagone. Avez-vous le sentiment d’être quelque part un ambassadeur de la France aux États-Unis, et vice versa ?
Un petit peu, oui, sans forcément mettre de mots dessus. Bien sûr, j’ai envie de représenter fièrement d’où je viens, de présenter mon pays sous un beau jour.
D’autant plus à une période où l’amitié entre les deux pays est mise à mal ?
Je ne m’imagine pas du tout avoir ce niveau d’influence. Est-ce que c’est important pour moi ? D’une certaine manière, oui, mais je ne suis pas à un point de ma carrière où je me prends pour quelqu’un d’autre. Il y a tellement d’autres choses auxquelles je dois penser. Il faut déjà que je me construise et me stabilise en tant que joueur. Donc ce n’est pas ma préoccupation principale.
Vous êtes jeune, noir, avec un important soft power entre vos mains. Comment voyez-vous l’élection présidentielle française très importante du printemps prochain ?
Tout comme votre question : je trouve que ça me fait beaucoup de choses à gérer et à comprendre. Être jeune et noir n’est pas quelque chose qui me touche tous les jours. C’est impactant, mais pas dans ma sphère sociale de privilégiés. Après, est-ce que j’aurai un rôle à jouer dans le futur à ce niveau-là ? Oui, j’en suis sûr. Mais comme je viens de le dire, aujourd’hui, je me construis d’abord en tant que personne, et je me considère chanceux de ne pas être trop pris par ces responsabilités. »
By Maxime Aubin à San Antonio (États-Unis) / L’Équipe