By Maxime Aubin | L’Équipe, 2026-05-11 12:00:00

马刺前锋在德克萨斯州一座占地9公顷的庄园内,被动物环绕。(Josh Huskin/L’Équipe)
在马刺队,不只有文班,还有凯尔登·约翰逊 (Keldon Johnson)。他在球场上性格外向,甚至有些吵闹,但在远离聚光灯的地方,他过着宁静的农夫生活……他邀请我们参观了他位于圣安东尼奥北部的牧场。
德克萨斯州南部的初春,矢车菊开始在连接圣安东尼奥和博尔尼的I-10 W高速公路旁绽放。向北行驶约45分钟后,景色突变,从单调的平原变成了丘陵地带 (Hill Country) 的美丽山丘。这里以酒庄、牛仔牧场和仿佛延伸到天边的原始自然风光而闻名,常绿橡树与多刺仙人掌交错。正是在这里,这位来自美国东海岸弗吉尼亚州农村地区的少年,自2019年成为圣安东尼奥马刺队球员后,决定从2023年起在此定居。
“这是 MuMu。它有点像我,总是野性十足、活力四射,但心地非常善良,”这位维克托·文班亚马 (Victor Wembanyama) 的队友一边笑着,一边向我们介绍他的两匹马之一——一匹有着淡蓝色眼睛、漂亮的花斑白马。在牧场下方的广阔草地上,约20只矮脚羊正争先恐后地跑向我们,希望能讨到一些颗粒饲料。紧随其后的是一只名叫“矮子 (El Chapo)”的跛脚驴、两头名叫“邦妮 (Bonnie)”和“克莱德 (Clyde)”的骆驼、一只母鸡,还有一头长着黑色长毛的高地牛。“矮子真是个混蛋,我发誓。它因为总想把大家赶走,结果弄伤了自己的腿。我得叫兽医来看看,”这个年轻人继续说道,他头戴黑色牛仔帽,脚蹬斯特森 (Stetson) 靴子。

邦妮(或者是克莱德?),约翰逊的两头骆驼之一。(Josh Huskin/L’Équipe)
这片迷失在德州乡间的9公顷土地,是“KJ”为了乐趣而买下的,并没打算将其作为商业经营。这些动物都是他的“宠物”。这种宁静的环境与他作为篮球运动员的浮华职业完全不同,也与他外向甚至吵闹的性格形成鲜明对比。“当我在那里(马刺队的训练馆)时,我总是全力以赴。我一直在大喊大叫。但当我回到牧场,氛围就完全不同了。我试图在这里寻找那份平和与宁静。”
年仅26岁的约翰逊是马刺队阵中效力时间最长的球员。他在肯塔基大学毕业后被选中,在马刺队最艰难的时刻来到圣安东尼奥——当时球队正处于重建期,此前他们曾经历过数十年的辉煌,夺得过五次NBA总冠军,其中四次是在前法国控卫托尼·帕克 (Tony Parker) 的带领下获得的(2003、2005、2007和2014年)。作为一名身体强壮(1.98米,100公斤)且擅长远投的前锋,他迅速成为了这支年轻球队的头号进攻选择,尽管当时的球队战绩并不理想。
文班亚马的到来在2023年夏天,作为马刺队的状元秀,彻底改变了他的职业生涯。仅仅几个月内,约翰逊就不得不接受一个新角色:一名“豪华替补”,负责在缩减的出场时间内为替补席注入能量。“当时我在个人表现上很成功,所以那一刻确实有点震惊,”这位曾是2021年东京奥运会冠军美国队一员的球员坦言,“但我坚持了下来。你看看我们上个赛季的表现,真是不可思议。”
在连续六年无缘季后赛后,由文班亚马和约翰逊领衔的马刺队在4月份创造了奇迹,取得了全联盟(30支球队)第二好的战绩。季后赛首轮,他们用五场比赛击败了波特兰开拓者队,目前在第二轮与明尼苏达森林狼队并驾齐驱。这位法国大前锋借此机会拿下了最佳防守球员奖,而他的美国队友则刚刚举起了最佳第六人奖杯。这是对他球场上稳健数据(场均23分钟贡献13.2分和5.4个篮板)的奖赏,更是对他模范心态和在更衣室中核心地位的认可。

“KJ”和三位儿时好友,他们负责维护这位篮球运动员的庞大房产。(Josh Huskin/L’Équipe)
在圣安东尼奥的比赛日,他主要负责播放歌单,肩膀上扛着音箱,音量开到最大,经常播放他最喜欢的艺人的乡村音乐:卢克·库姆斯 (Luke Combs)、迪伦·戈塞特 (Dylan Gossett) 和扎克·布莱恩 (Zach Bryan)。在热身时,喝下多达五杯浓缩咖啡后,经常能看到他与助理教练们玩摔跤,通常需要两三个教练才能把他放倒,随后便看到他在球馆走廊里四处奔跑尖叫。“在我看来,他在数据和出场时间方面比任何人都牺牲得多。无论在什么时间,他都能带来能量。他是这支球队的灵魂,”文班最近总结道。
两人本赛季变得非常亲近,甚至在今年1月输掉一场比赛后互相给对方剃了光头。“维克(文班)让我能够做自己,”约翰逊感慨道,“他和其他所有人一样都接受最真实的我。我对此非常感激,尽管我从不认为这些友谊是理所当然的。”
“文班亚马在这里很受欢迎。他会喜欢的。”
凯尔登·约翰逊
介绍完所有的动物后,约翰逊带我们来到更高处,展示他牧场最近的工程成果:一个新挖的池塘,上方搭建了一个用于钓鱼的木质码头。在他身边的是三位被他从弗吉尼亚州带来的儿时好友,他们负责维护房产并帮他照顾动物。头巾、连帽衫、银链子,还有 Carhartt 品牌的工作背带裤和靴子造型的 Crocs 洞洞鞋:这群非裔美国青年将各种风格完美融合。“这正是我热爱圣安东尼奥的地方。你可以看到拉美裔、黑人和白人都戴着牛仔帽,”约翰逊评论道,这里距离墨西哥边境仅有两小时半的车程。“这是一种将所有人团结在一起的文化,同时每个人都能带来自己的风格和个性,”他补充道,此时他正坐在一辆巨大的黑色皮卡后部拍照。
尽管在欧洲传播的牛仔形象仍然是白人、沉默寡言且保守,但这位篮球运动员认为,这些可能由好莱坞电影维持的老旧刻板印象在德克萨斯州已经过时了。“我觉得时代变了,现在的多样性比以前多得多。即使在我的家乡弗吉尼亚州,大家也总会在某个时刻穿上牛仔靴。我们感到可以自由地穿着和生活。”
文班亚马还没有抽出时间来约翰逊的牧场,而约翰逊正希望不久后能再购入32公顷的土地。尽管如此,他仍然坚信他的这位法国新朋友会“非常喜欢”这种体验。“我的队友们知道这里随时欢迎他们。有些人可能会喜欢,有些人可能没那么喜欢。我觉得任何人都可以在这里找到属于自己的世外桃源。”这确实是总结约翰逊在此建立的一切的最佳方式——无论是在丘陵地带的乡间,还是在40分钟车程外圣安东尼奥马刺队的球馆里。这是一个既平静又混乱、既热情又荒野的地方。就像它的主人一样:白天是牛仔,晚上是篮球运动员。
由生成式人工智能翻译,译文内容可能不准确或不完整,以原文为准。
点击查看原文:Dans le ranch de Keldon Johnson, le cowboy des Spurs
Dans le ranch de Keldon Johnson, le cowboy des Spurs

L’ailier des Spurs dans un domaine texan de 9 hectares, entouré d’animaux. (Josh Huskin/L’Équipe)
Il n’y a pas que Wemby chez les Spurs, il y a aussi Keldon Johnson. Joueur extraverti et plutôt bruyant sur les parquets, il coule une vie paisible de fermier, loin des strass et paillettes… Il nous a invité dans son ranch au nord de San Antonio.
En ce début de printemps dans le sud du Texas, les bluebonnets commencent à fleurir le long de l’autoroute I-10 W qui relie les villes de San Antonio et Boerne. Après environ quarante-cinq minutes de voiture en direction du nord, le paysage change soudainement, passant d’un plat monotone aux belles collines du Hill Country, une région réputée pour ses domaines viticoles, ses ranches de cowboys et une nature vierge qui semble s’étendre à l’infini, mélange de chênes verts feuillus et de cactus épineux. C’est ici que Keldon Johnson, gamin d’un coin rural de l’État de Virginie, sur la côte est américaine, devenu joueur des Spurs à San Antonio depuis 2019, a décidé d’élire domicile depuis 2023.
« Lui, c’est MuMu. Il est un peu comme moi, sauvage et déchaîné tout le temps, mais il a très bon fond », s’amuse le coéquipier de Victor Wembanyama en nous présentant l’un de ses deux chevaux, un beau paint horse blanc tacheté aux yeux bleu clair. Dans ce vaste pré situé en contrebas de son ranch, une vingtaine de chèvres naines se font la course pour nous rejoindre et espérer gratter quelques granulés, suivies par un âne boitillant baptisé El Chapo, deux lamas, Bonnie et Clyde, une poule ou encore un taureau Highland au long pelage noir. « Chapo est un vrai connard, j’te jure. Il s’est fait mal à la patte à force de vouloir chasser tout le monde. Je vais devoir appeler le véto », poursuit le jeune homme, chapeau de cowboy noir sur la tête et bottes Stetson aux pieds.

Bonnie (ou Clyde ?), l’un des deux lamas de Keldon Johnson. (Josh Huskin/L’Équipe)
Ce domaine de 9 hectares perdu dans la campagne texane, « KJ » l’a acheté pour le plaisir, sans chercher à en faire une exploitation. Ses bêtes sont ses « animaux de compagnie ». Un environnement paisible qui détonne complètement avec les strass et paillettes de son métier de basketteur, mais aussi avec sa personnalité, celle d’un joueur pour le moins extraverti et bruyant. « Quand je suis là-bas (à la salle d’entraînement des Spurs), je suis toujours à fond. Je crie et hurle tout le temps. Mais quand je rentre au ranch, la dynamique est très différente. J’essaie d’y trouver cette paix et cette tranquillité. »
À seulement 26 ans, Keldon Johnson est le joueur le plus ancien de l’effectif des Spurs. Drafté à sa sortie de l’université du Kentucky, il est arrivé au pire moment à San Antonio, celui d’un club en pleine reconstruction après plusieurs décennies fastes marquées par cinq titres de champion NBA, dont quatre remportés avec l’ancien meneur français Tony Parker (2003, 2005, 2007 et 2014). Ailier à la fois physique (1,98 m, 100 kg) et adroit au tir longue distance, il est rapidement devenu l’option offensive numéro une de sa jeune équipe, même si les résultats collectifs n’étaient pas du tout au rendez-vous.
L’arrivée de Wembanyama à l’été 2023, choisi tout en haut de la draft par les Spurs, a complètement chamboulé sa carrière. En quelques mois à peine, Johnson a dû accepter un nouveau rôle : celui d’un remplaçant de luxe chargé d’apporter une bouffée d’énergie en sortie de banc sur un temps de jeu réduit. « J’avais du succès individuel à l’époque, donc sur le moment ça a été un peu comme un choc, avoue celui qui a également fait partie de l’équipe américaine championne olympique à Tokyo, en 2021. Mais je me suis accroché. Et tu vois finalement comment s’est passée notre dernière saison. C’est incroyable. »
Après six ans sans la moindre qualification en play-offs, les Spurs de Victor Wembanyama et Keldon Johnson ont réussi l’exploit de finir avec le deuxième meilleur bilan de la Ligue en avril (sur 30 équipes). Au premier tour des play-offs, ils ont battu les Portland Trail Blazers en cinq manches, et sont désormais au coude-à-coude avec les Minnesota Timberwolves au deuxième tour. L’intérieur français en a profité pour décrocher le titre de meilleur défenseur, tandis que son coéquipier américain vient de soulever le trophée de meilleur remplaçant. La récompense de statistiques solides sur le parquet (13,2 points et 5,4 rebonds en 23 minutes par match en moyenne), mais aussi d’un état d’esprit exemplaire et d’une importance capitale dans la vie du vestiaire.

« KJ » et trois amis d’enfance, qui sont chargés d’entretenir la grande propriété du basketteur. (Josh Huskin/L’Équipe)
C’est lui qui est notamment en charge de la playlist les jours de match à San Antonio, enceinte sur l’épaule avec le son poussé à fond, souvent de la musique country de ses artistes préférés : Luke Combs, Dylan Gossett et Zach Bryan. À l’échauffement, après avoir avalé jusqu’à cinq expressos serrés, il n’est pas rare qu’il fasse du catch avec les entraîneurs assistants, qui ne sont d’ailleurs jamais trop de deux ou trois pour arriver à le faire tomber, avant de le voir courir et hurler dans tous les sens dans les couloirs de la salle. « Il a sacrifié plus que n’importe qui, à mon avis, en termes de statistiques et de temps de jeu. Et il apporte de l’énergie peu importe le moment de la journée. Il est l’âme de cette équipe », résumait récemment « Wemby ».
Les deux hommes sont devenus proches cette saison, au point de se raser mutuellement le crâne après une défaite en janvier dernier. « Vic’ me permet d’être moi-même, souffle Johnson. Lui comme tous les autres m’acceptent tel que je suis. J’en suis très reconnaissant, même si je ne tiens aucune de ces amitiés pour acquises. »
« Wembanyama est le bienvenu ici. Il adorerait »
Keldon Johnson
L’introduction à tous ses animaux terminée, Keldon Johnson nous emmène quelques mètres plus haut pour nous montrer le résultat des derniers travaux menés dans son ranch : un étang fraîchement creusé, au-dessus duquel a été aménagé un ponton en bois qui servira à la pêche. À ses côtés, trois amis d’enfance que le joueur a ramenés avec lui de Virginie, chargés d’entretenir la propriété et de l’aider à s’occuper des animaux. Durags, hoodies, chaînes en argent, mais aussi salopettes de travail de la marque Carhartt et Crocs en forme de bottes western aux pieds : ce groupe de jeunes Afro-Américains mixe les styles à la perfection. « C’est vraiment ce que j’adore à San Antonio. On peut voir des Latinos, des Noirs et des Blancs avec un chapeau de cowboy », commente Johnson, en référence à cette ville située à seulement deux heures et demie de route de la frontière mexicaine. « C’est une culture qui réunit tout le monde, et en même temps chacun peut y apporter son propre style et sa propre personnalité », complète-t-il, désormais assis à l’arrière de son immense pick-up noir pour quelques photos.
Si l’image du cowboy véhiculée en Europe reste celle d’un homme blanc, taiseux, aux idées conservatrices, le basketteur estime que ces vieux clichés, sans doute entretenus par le cinéma hollywoodien, ne sont plus d’actualité au Texas. « J’ai l’impression que les temps ont changé, il y a beaucoup plus de diversité qu’avant. Même chez moi, en Virginie, tout le monde porte des bottes de cowboy à un moment ou un autre. On se sent libres de s’habiller et de vivre comme on veut. »
Victor Wembanyama n’a pas encore pris le temps de venir jusqu’au ranch de KJ, qui espère bientôt faire l’acquisition de 32 hectares supplémentaires. Il reste pour autant convaincu que son nouvel ami français « adorerait » l’expérience. « Mes équipiers savent qu’ils sont les bienvenus ici. Certains peuvent aimer, d’autres moins. J’ai l’impression que quiconque peut y trouver son petit coin de paradis. » C’est en effet la meilleure façon de résumer ce que Keldon Johnson a construit ici, dans la campagne du Hill Country, mais aussi à quarante minutes de là sous les paniers de la salle des Spurs, à San Antonio. Un endroit à la fois calme et chaotique, accueillant et sauvage. À l’image de son propriétaire, cowboy la journée, basketteur le soir.
By Maxime Aubin, via L’Équipe