By Yann Ohnona à Abu Dhabi | L’Équipe, 2026-06-05 12:06:48

2025年9月,约翰·斯塔克斯在阿布扎比接受《队报》(L’Équipe)专访。(F. Faugère/L’Équipe)
约翰·斯塔克斯 (John Starks) 是1990年代纽约尼克斯的标志性得分后卫,那是属于帕特里克·尤因 (Patrick Ewing) 的时代。如今,他重温了自己在尼克斯的岁月,并在当下的这支大苹果城球队身上感受到了一种复古(old-school)的气息。早在赛季之初,他就坚信他们能够一路走下去,实现自1973年以来的首个夺冠梦想。
属于尼克斯的一年?随着纽约在总决赛首战中击败圣安东尼奥,恐怕没有人比斯塔克斯更抱有这种期待了。去年9月,在NBA于阿布扎比征用的一间昏暗宽敞的大厅里,刺眼的聚光灯打在他那张写满喜气的脸上,他那无法抑制的笑容让双颊显得格外圆润。这就是那个活跃在1988年至2002年球场上、擅长垃圾话且绝非“冷酷”的赛场杀手。
二十年来,这位出生于俄克拉荷马州塔尔萨 (Tulsa, Oklahoma) 的矮个子后卫,凭借超凡的弹跳力和坎坷的职业生涯——“我报的身高是1米95,但我实际最多只有1米88,”他大笑着说——一直担任着尼克斯的形象大使。这支象征性的球队自1973年以来就再未染指NBA总冠军。作为一名落选秀,斯塔克斯因为一次在尤因头上扣篮扣飞的意外契机而得以留在纽约队中,并最终成为了大苹果城的传奇。他是三分线外的先驱投手,热衷于关键时刻(money-time),防守端牛皮糖般的强硬作风更是完美诠释了东海岸的铁血风骨,以及1990年代公牛与尼克斯之间的宿敌恩怨。
因此,在每次媒体行中,总有两个留在集体记忆中的瞬间会被重新提及:一个是1993年东部决赛中在霍勒斯·格兰特 (Horace Grant) 和迈克尔·乔丹 (Michael Jordan) 头上的那记扣篮——“直到今天,每天都有人跟我提起它!”他笑着说;另一个则是1994年总决赛对阵休斯敦的第六场比赛中,那个本可以为纽约带来总冠军的投篮,却被哈基姆·奥拉朱旺 (Hakeem Olajuwon) 以几毫米的微弱差距封盖。在赛季伊始,接受《队报》15分钟专访的斯塔克斯(60岁)就用第一人称复数坚定地表示——因为他依然是尼克斯大家庭中杰出的一员:“这一次,这将是属于我们的一年。”
“大苹果城已经等待了53年的总冠军,用了四分之一个世纪才重返分区决赛——而如今他们打进了总决赛。你如何看待这支尼克斯?
我真的相信这将是属于我们的一年。他们面前还有很多工作要做,但想到(主教练)迈克·布朗 (Mike Brown) 将带来的进攻文化,我感到非常兴奋,尤其是考虑到他在萨克拉门托和克利夫兰所取得的成就。他在格雷格·波波维奇 (Gregg Popovich) 手下学习过,之后又在金州与史蒂夫·科尔 (Steve Kerr) 并肩作战。他的球权轮转以及让每个人都参与其中的方式非常出色。
当你看到如今常被认为偏向温和(soft)的NBA时,你是否希望看到1990年代那种由尼克斯所代表的精神重新复苏?
我觉得这支球队恰恰拥有这种心态。他们的成功建立在防守之上,而这是必不可少的。当然,同时也要有相辅相成的进攻战术。布朗教练会将这两者结合起来。我相信这就是让我们变得更好的秘诀。
在签约尼克斯(随后在赛季中期前往芝加哥)之前,法国球员盖尔雄·亚布塞莱 (Guerschon Yabusele) 凭借在2024年巴黎奥运会上隔扣勒布朗·詹姆斯 (LeBron James) 的那一球,重新赢得了在NBA立足的机会。这是否让你想起了什么?
(微笑。)当然……这改变了他的职业生涯轨迹。他曾被凯尔特人选中,随后被遗忘并送回了欧洲。然而,一个如此震撼的精彩镜头拥有改变一生的力量。我对此深有体会。这就像我在1993年对阵芝加哥公牛时上演的那记扣篮一样。
你猜到我想问什么了……三十年过去了,你那次沿底线突破并用左手完成的、被称为“那记扣篮”(The Dunk)的经典一幕,真的每天都会被重新提起吗?
没有一天不被人提起。瞧,你现在就在提(笑)。在季后赛这样级别的舞台上,在比赛最关键的时刻完成那样的动作,简直太疯狂了。而照片里有乔丹同框,更是让这一幕上升到了另一个高度。
你当时甚至没有注意到他……
在当时的兴奋劲儿里,我完全不知道。直到第二天买报纸时我才意识到。乔丹就在背景里,我可以这么说,这改变了我的职业生涯轨迹。这虽然只是一个瞬间,但它让我受到了关注,让我声名大噪,并将我推向了更高的水平。
听说你拥有一幅描绘那个瞬间的画作,是真的吗?
那是第二年在迈阿密。我和球队一起下大巴,一个家伙挥舞着这幅巨大的画作。队友们对我说:“你一定要把这玩意儿弄到手!”我最终从他手里买了下来,现在它依然挂在我家里(微笑)。
1990年的另一次扣篮也塑造了你的职业生涯。在尼克斯的一次试训中,你曾试图在帕特里克·尤因头上完成一记扣篮,但未能成功……
那是训练营的最后一天。球队本来不打算留下我。我知道自己必须做点疯狂的事来给教练们留下深刻印象。我获得了一次快攻机会,想要起跳扣篮。但我忘了当时的尤因还能跑能跳。他身高2米13,一把抓住我并把我按倒在地上。我落地时扭伤了膝盖。尼克斯不得不把我放入伤病名单。而我当时不知道的是,由于这一规定,他们别无选择,只能留下我。到了12月,我代表纽约打了第一场正式比赛。对手是……芝加哥。这就是命运吗?那次受伤其实是因祸得福。尤因总是对我说,他是我的救命恩人(笑)。

1991-1992赛季,约翰·斯塔克斯参加纽约尼克斯的扣篮大赛。(M. Deschamps/L’Équipe)
你对那场初次交锋留下了什么记忆?
真是讽刺。我上大学时,就是看着乔丹在大学和公牛队的比赛长大的。我当时无比兴奋和期待,通过录像研究过他,熟悉他每一个动作的细节。他第一次试图在低位单打我时,我用胳膊肘顶了他的后背。他看着我说:“在今晚结束前,你会叫我乔丹先生的。”但他没能让我说出口(笑)。我打了一场中规中矩的比赛(上场10分钟,得到4分,而MJ砍下了33分),但我走到他面前对他说:“你可没听到那声‘乔丹先生’!”当时谁能预料到我们之间未来的那些大战呢?
你的故事始于塔尔萨的一个街头球场——夏延公园(Cheyenne Park)……
那里代表了我的一切。我家乡的许多优秀球员都曾在那里打球。我总是待在户外,要么和大家一起打球,要么在晚上独自一人,憧憬着NBA。每天晚上,我都会在脑海中与“J博士”朱利叶斯·欧文 (Julius Erving) 对决。而且我还打败了他!那感觉太棒了。那就是你磨炼本领的地方,也是我精进球技的地方。
你曾被几所学校开除,还不得不在杂货店当“打包工”(帮顾客把购买的商品装袋的员工)。给我们讲讲那段艰难的时期吧。
在大学的前两年,我还在寻找自我,依然很不成熟。在开始到塞夫韦(Safeway)超市工作后,我遇到了我未来的妻子,我们结了婚,不久后有了儿子。这让我迅速成熟起来。我必须抚养他们,而且我知道重返校园并成为我后来那样的球员能帮到我。如果可以的话,我会改变我人生轨迹中的一些事情,但与此同时,正是这段经历成就了今天的我。

约翰·斯塔克斯坚信“当今时代是所有投手梦寐以求的舞台”。(F. Faugère/L’Équipe)
你如何看待如今的篮球运动?它已经演变成了过度依赖三分球的比赛。你愿意在现在的时代打球吗?
所有的投手都会梦想在今天打球。这和我的时代有点不同(笑)。不过,当你看到2025年的雷霆时,他们并没有投那么多远投。如果有空位,他们会投,但如果没有,他们就展现出那种复古的风格。我一直重复这句话:三分球就像一记上勾拳,杀伤力巨大,能让你在看似败局已定的比赛中起死回生。但是,特别是在最后关头,两分球依然是赢得比赛的关键……
“就好像哈基姆·奥拉朱旺的手指又延伸了两厘米,刚好能用指尖蹭到我的投篮。”
——约翰·斯塔克斯谈及1994年NBA总决赛第六场被奥拉朱旺封盖的那记本可为纽约带来总冠军的投篮
与你聊起三分球,很难不让人联想到1994年第六场比赛的那个投篮,它本可以让纽约在休斯敦捧起总冠军奖杯。这件事情会随着时间推移而不再折磨你吗?还是说,就像“那记扣篮”一样,你必须伴随着它生活至今?另外,你之后连续两晚失眠是真的吗?
是的,那真的很……艰难。因为我在第四节手感热得发烫。当我出手时,我看着球的弧线,感觉它一定会进,我心想:“比赛结束了!”每当我在最后一秒出手绝杀球时,我心里都是这么想的。但是……在那一刻,就好像哈基姆·奥拉朱旺(在绝望的协防奔跑中,赶来封盖斯塔克斯的投篮)的手指又延伸了两厘米,刚好能用指尖蹭到我的投篮。所以,是的,我们确实会一直回想起那些时刻。这倒没有彻底击垮我,明白吗?但当季后赛来临时,那些画面就会在脑海中闪现。你会想:“如果我投进了那一球……”今天的历史就会完全不同。但这就是篮球。我始终记得一件事:在这个游戏里,许多传奇球星甚至从未获得过争夺总冠军戒指的机会,而我和我的队友们,却拥有过这样无与伦比的宝贵机会。”
由生成式人工智能翻译,译文内容可能不准确或不完整,以原文为准。
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John Starks, légende de New York, raconte ses souvenirs dont son dunk raté sur la tête de Patrick Ewing : « Cette blessure, c’était une bénédiction déguisée »

John Starks lors de l’entretien accordé à « L’Équipe » à Abu Dhabi, en septembre 2025. (F. Faugère/L’Équipe)
John Starks, arrière emblématique des années 1990 à New York époque Patrick Ewing, revit ses souvenirs avec les Knicks et décèle une vibe old-school dans l’équipe de Big Apple d’aujourd’hui, qu’il voyait bien, dès l’entame de la saison, aller au bout de leur rêve d’un premier titre depuis 1973.
L’année des Knicks ? Personne, sans doute, ne nourrit cet espoir plus que John Starks alors que New York a remporté le match 1 de la finale face à San Antonio. Dans un vaste hall plongé dans le noir, réquisitionné par la NBA à Abu Dhabi en septembre dernier, des projecteurs aveuglants sont fixés sur sa bouille joviale, ses joues arrondies par un inextinguible sourire. Celui d’un assassin pas silencieux, expert en trash-talking, qui a sévi sur les parquets de 1988 à 2002.
Cela fait deux décennies que le natif de Tulsa (Oklahoma), arrière de petite taille à la détente hors norme et au parcours cabossé - « j’étais listé à 1,95 m, mais je ne mesure pas plus de 1,88 m », s’esclaffe-t-il _ joue les ambassadeurs pour ses Knicks, emblème qui n’a plus retrouvé le titre NBA depuis 1973. Non drafté, intégré à l’équipe new-yorkaise par la grâce d’un dunk raté sur la tête de Patrick Ewing, Starks est devenu une légende de Big Apple, shooteur précurseur à 3 points, amateur de money-time et teigne en défense incarnant les valeurs rugueuses de la côte Est, ainsi que la rivalité entre les Bulls et les Knicks dans les années 1990.
Les New York Knicks et la finale NBA, c’est toujours toute une histoire
C’est ainsi qu’à chaque tournée média, deux moments restés dans la mémoire collective ressurgissent : un dunk sur la tête d’Horace Grant et Michael Jordan en finale de conférence 1993 - « On m’en parle tous les jours, encore aujourd’hui ! », sourit-il -, et le shoot qui aurait pu offrir le sacre à New York dans le match 6 de la finale 1994 face à Houston, contré pour une poignée de millimètres par Hakeem Olajuwon. Dès le prologue de la saison, Starks (60 ans), qui avait accordé quinze minutes d’entretien à L’Équipe, l’avait affirmé, usant de la première personne du pluriel - car toujours membre éminent de la famille Knicks - : « Cette fois, cela sera notre année. »
« Big Apple attend un titre depuis 53 ans, a mis un quart de siècle avant de retrouver la finale de conférence - et aujourd’hui la finale. Comment trouvez-vous ces Knicks ?
Je crois vraiment que cela va être notre année. Ils ont beaucoup de travail devant eux, mais je suis enthousiaste à l’idée de ce que va apporter Mike Brown (le coach), au niveau de la culture offensive, au vu de ce qu’il a accompli à Sacramento et Cleveland. Il a appris sous la tutelle de Gregg Popovich, puis au côté de Steve Kerr à Golden State. Le mouvement de balle, la manière d’impliquer tout le monde.
Quand vous voyez la NBA aujourd’hui, souvent jugée plus soft, aimeriez-vous y voir renaître l’esprit des années 1990, incarné notamment par les Knicks ?
Je pense que cette équipe, justement, a ce mindset. Ils basent leur réussite sur la défense. Et c’est indispensable. Tout en ayant un jeu offensif complémentaire, bien sûr. Coach Brown va combiner ces deux approches. Et je crois que c’est la recette pour nous rendre meilleurs.
Avant de signer aux Knicks (puis de partir à Chicago en cours de saison), un Français, Guerschon Yabusele, avait regagné sa place en NBA grâce à un dunk sur LeBron James lors des Jeux Olympiques de Paris 2024. Cela vous rappelle quelque chose ?
(Sourire.) Bien sûr… Cela a changé le cours de sa carrière. Il avait été drafté par les Celtics, puis oublié et renvoyé en Europe. Or une action de cette magnitude a le pouvoir de changer une vie. Je suis bien placé pour le savoir. C’est comme l’action que j’ai réalisée contre les Chicago Bulls en 1993.
Vous m’avez vu venir… Est-il vrai que trente ans plus tard, votre échappée ligne de fond conclue main gauche, renommée “The Dunk”, revient sur le tapis tous les jours ?
Il n’y a pas un jour sans qu’on m’en parle. Regardez, vous êtes en train de le faire (rires). Évoluer à un tel niveau, en play-offs, réaliser une action comme ça, au moment le plus clutch du match, c’était fou. Avoir Jordan sur la photo a fait prendre au geste une autre dimension.
Vous ne l’aviez pas remarqué sur le moment…
Dans l’excitation du moment, je l’ignorais totalement. Je n’en ai pris conscience que le lendemain en achetant le journal. Jordan était là, au deuxième plan, et je peux le dire, ç’a changé le cours de ma carrière. Ce n’est qu’un moment, mais qui m’a fait remarquer, m’a mis sur la carte, propulsé au niveau supérieur.
Est-il vrai que vous possédez une peinture de l’action ?
C’était l’année suivante, à Miami. Je descendais du car avec l’équipe et un mec brandissait cette toile géante. Les gars m’ont dit : “il faut absolument que tu récupères ça !” J’ai fini par la lui acheter et elle trône toujours dans ma maison (sourire).
Un autre dunk, en 1990, a façonné votre carrière. Celui que vous avez tenté - sans succès - d’écraser sur Patrick Ewing lors d’une séance d’essai pour les Knicks…
C’était le dernier jour de l’entraînement. L’équipe ne comptait pas me conserver. Je savais que je devais faire un truc dingue pour marquer les esprits des coaches. Je me suis retrouvé en contre-attaque, j’ai voulu sauter. Mais j’avais oublié que Patrick Ewing pouvait toujours courir et sauter à l’époque. Il mesure 2,13 m, il m’a attrapé et m’a cloué au sol. Je me suis tordu le genou en retombant. Les Knicks ont dû me placer sur la liste des blessés. Ce que j’ignorais, c’est qu’en conséquence, ils n’avaient d’autre choix que de me garder. En décembre, je disputais mon premier match officiel pour New York. Contre… Chicago. Le destin ? Cette blessure, c’était une bénédiction déguisée. Patrick me dit toujours qu’il a été mon sauveur (il rit).

John Starks, lors de la saison 1991-1992, participe à un concours de smashes des New York Knicks. (M. Deschamps/L’Équipe)
Que gardez-vous de cette première rencontre ?
Quelle ironie. J’avais grandi en regardant Michael Jordan à l’université et chez les Bulls quand j’étais moi-même à la fac. J’étais surexcité, impatient, je l’avais étudié sur vidéo, je connaissais les détails de tous ses moves. La première fois où il a essayé de me prendre au poste bas, je lui ai donné un coup de coude dans le dos. Il m’a regardé et m’a dit : “Tu m’appelleras Monsieur Jordan avant la fin de la soirée.” Mais il n’a pas réussi à me le faire dire (rires). J’ai fait un match correct (10 minutes, 4 points, 33 pour MJ), mais je suis allé le voir et je lui ai dit : “Tu n’as pas eu ton ‘M. Jordan’ !” Qui aurait pu prédire les batailles à venir entre nous ?
Votre histoire commence sur un playground, Cheyenne Park, à Tulsa…
Il représente tout pour moi. Beaucoup de grands joueurs de ma ville natale y sont passés. J’étais tout le temps dehors, soit à jouer avec du monde, soit seul le soir, à rêver de NBA. J’affrontais Dr. J (Julius Erving) dans ma tête tous les soirs. Et je le battais ! C’était incroyable. C’est là où tu fais tes armes, là que j’ai peaufiné mes skills.
Vous avez été renvoyé de plusieurs écoles, avez dû faire le “bag boy” dans les épiceries - l’employé emballant les courses des clients. Racontez-nous cette période difficile.
Mes deux premières années d’université, je me cherchais encore, j’étais toujours immature. Après avoir commencé à travailler chez Safeway, j’ai rencontré ma future femme, on s’est mariés et on a eu notre fils peu après. Ça m’a fait mûrir vite. Je devais subvenir à leurs besoins, et je savais que reprendre mes études et devenir le joueur que je suis devenu m’y aideraient. Si je pouvais, je changerais des choses dans mon parcours, mais en même temps il m’a amené où j’en suis aujourd’hui.

John Starks assure que « tous les shooteurs rêveraient de jouer aujourd’hui ». (F. Faugère/L’Équipe)
Que pensez-vous du basket actuel, qui a basculé dans le tir à 3 points à outrance ? Auriez-vous aimé jouer à cette époque ?
Tous les shooteurs rêveraient de jouer aujourd’hui. C’est un peu différent de mon époque (il rit). Après, quand tu vois OKC en 2025, ils n’ont pas pris tant de tirs longue distance que cela. Si c’était ouvert, oui, mais sinon, ils avaient cette vibe old-school. Je le répète tout le temps : le trois points est comme un uppercut, qui a un gros impact et peut vous remettre dans un match qui semble perdu. Mais, particulièrement dans les derniers moments, le shoot à deux points continue à vous faire gagner les matches…
« C’est comme si le doigt d’Hakeem Olajuwon s’était étiré de deux centimètres juste pour réussir à accrocher mon tir du bout des ongles
John Starks sur le tir contré par Olajuwon au match 6 de la finale NBA 1994 qui aurait pu offrir le titre à New York
Difficile de parler shoot à 3 points avec vous sans évoquer ce tir du match 6 en 1994, qui aurait pu offrir le titre à New York à Houston. Est-ce quelque chose qui cesse un jour de vous hanter ou faut-il vivre avec encore aujourd’hui, à l’image de “The Dunk” ? Et puis est-il vrai que vous n’avez pas dormi les deux nuits suivantes ?
Oui, c’était… dur. Parce que j’étais en feu pendant ce quatrième quart-temps. Et quand j’ai tiré, je le voyais dedans, je le sentais, je me suis dit : “Game !” C’est ce que je me disais toujours à la fin d’un match quand j’avais en main le tir de la gagne à la dernière seconde. Mais… à cet instant, c’est comme si le doigt d’Hakeem Olajuwon (venu en aide, dans une course désespérée, contrer le shoot de Starks) s’était étiré de deux centimètres juste pour réussir à accrocher mon tir du bout des ongles. Alors oui, on continue à repenser à ces moments. Ça ne me mine pas, hein ? Mais quand les play-offs arrivent, des flashes peuvent ressurgir. On se dit : “Si seulement j’avais juste mis ce tir…” L’histoire serait bien différente aujourd’hui. Mais c’est le basket. Je me rappelle toujours d’une chose : alors que beaucoup de légendes de ce jeu n’ont même pas eu l’opportunité de se battre pour une bague de champion, nous avons eu, moi et mes coéquipiers, cette chance inestimable. »
By Yann Ohnona à Abu Dhabi, via L’Équipe